Un peu d’histoire…

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Bethanie – Classes des garçons et des filles en 1910

Inauguré le 27 mars 1904, le « temple de Charonne » est construit sur un terrain cédé par le pasteur Robin de Belleville. Sous l’impulsion du premier pasteur Sully LOMBARD, la paroisse prend son autonomie par rapport à la communauté mère de Belleville et adopte dès 1907 le nom d’Église réformée évangélique de Béthanie.

Le premier bâtiment construit sur une terrain de 348 m2 se compose d’un temple et de deux ailes accueillant une classe de garçons et une classe de filles. Devant le succès de la nouvelle communauté (220 familles en 1907, 405 en 1910), il est décidé d’agrandir le temple qui passe en 1914 de 98 à 133 m2. Le bâtiment actuel a vu l’ajout de l’appartement pastoral dans les années 1930.

Menée par onze pasteurs depuis un siècle, la paroisse de Béthanie s’est voulue porteuse de l’Évangile aux plus démunis. Le quartier de Charonne dans lequel l’annexe de Belleville ouvre dès le lendemain de la Commune, est habité par une population souvent proche de la misère, composée principalement d’artisans et d’ouvriers de petites entreprises.

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Intérieur du temple en 1913

C’est dans ce contexte de grand dénuement que la paroisse ouvre au début du XXe siècle une œuvre scolaire, un diaconat, une œuvre du trousseau, une réunion des mères de famille. La lutte contre l’alcoolisme, en particulier des enfants en milieu ouvrier, fait aussi partie des combats de la paroisse. Cette tradition sociale s’est maintenue à Béthanie : debethanie-anciennes paroissiens ont participé à la création de SOS Amitiés, de la Mission auprès des sans-logis et de l’ARAPEJ. Il convient de citer enfin l’accueil en juin 1998 pendant quinze jours de 300 sans-papiers turcs et chinois.

Depuis vingt ans, cette tradition persiste, mais elle est prolongée par une volonté accrue d’ouverture sur le quartier, accentuée depuis l’arrivée du pasteur Laurence Fouchier en juin 2006. Le développement de son assise de membres participants depuis dix ans a permis d’écarter les menaces de fermeture agitées un temps vers 1985.

La question de la rénovation des locaux reste posée, après les refus de relogement dans les années 1970-1980 et de démolition-reconstruction au début des années 1990. En dépit d’opérations d’embellissement, la structure du bâtiment, qui reste fragile, doit être renforcée.

La grande particularité de Béthanie est d’être restée une paroisse de quartier avec beaucoup de passage et une diversité ethnique propre au XXe arrondissement. La paroisse a participé à tous les d ébats qu’a connus l’Église réformée depuis la crise des mouvements de jeunesse, mais elle fait preuve à l’heure d’un véritable dynamisme, même si elle continue à dépendre de la solidarité régionale.

 

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Le temple en 2016

 

Par son histoire et sa situation actuelle, la paroisse correspond assez bien à la définition que donne d’elle-même l’Église réformée de France : une église minoritaire et disséminée dans une société sécularisée, une église enracinée qui se renouvelle, une église missionnaire qui témoigne dans la société.