Théo café

Venez comme vous êtes  !

Venez nous rejoindre le samedi 9 décembre à 9h autour du thème:

La responsabilité de l’homme face à la création

Nous prendrons le petit déjeuner ensemble en discutant fraternellement et avec bienveillance. Chaque opinion compte. Il n’y a pas de jugement.

Théo-Café est un espace d’échanges autour d’un thème choisi par l’ensemble du groupe. Il est ouvert à tous. Pas la peine d’être un spécialiste sur la question. L’opinion de chaque participant est importante. Nous nous retrouvons un samedi matin par mois à 9h. Les échanges se font fraternellement autour d’un petit déjeuner convivial au Temple.

Le petit déjeuner est offert par l’église.

Thème – L’enfer

 

Le mot enfer vient du latin infernus « qui est en dessous ». L’enfer ou les Enfers, désigne le séjour des morts. Les premières traces de l’Enfer sont mésopotamiennes environ 2000 ans av. J.-C. Selon les mésopotamiens, le monde est divisé en deux parties : l’« En-Haut », dirigé par les dieux des vivants, et l’« En-Bas », dirigé par les dieux des morts. Dans la mythologie grecque, les Enfers sont le royaume des morts.

Dénominations apparaissant dans la Bible

 Le shéol

C’est le terme hébreu de l’Ancien Testament désignant le séjour des morts, les enfers. Il représente un lieu sombre et silencieux où les morts sont endormis, couchés dans la poussière.

L’hadès

C’est le terme grec équivalent du mot sheol, utilisé dans l’Ancien Testament.

 La géhenne

Vient de Gehinnon, ou Hinnom, vallée située au sud-ouest de la vieille ville de Jérusalem  où furent sacrifiés des enfants au dieu Moloch. Ce lieu fut transformé en décharge publique par le roi Josias  pour empêcher ce culte. À l’époque de Jésus on y jetait les détritus, mais aussi les cadavres d’animaux morts, ainsi que les corps des criminels exécutés, les jugeant indignes d’une sépulture décente. Ceci pour préserver de toute souillure la ville où était rendu le culte, au Temple. Pour entretenir ce feu continuellement afin de se débarrasser des immondices et éviter les épidémies, on versait régulièrement du soufre qui rendait ce feu perpétuel. La géhenne fut ainsi associée au feu qui ne s’éteint jamais. « Mieux vaut pour toi entrer manchot dans la Vie que de t’en aller avec tes deux mains dans la géhenne, dans le feu qui ne s’éteint pas. » (Marc 9:43). Jésus se servit de ce lieu pour expliquer à ses contemporains que la géhenne symbolisait le châtiment définitif.

Conception de l’enfer selon les religions

 Le judaïsme

Chez les juifs anciens, comme au sein des autres nations sémites, l’existence dans le sheol était considérée comme une perpétuation fantomatique de la vie terrestre, pendant laquelle les problèmes de cette vie terrestre prenaient fin. Chez les Juifs, la notion d’éternité en enfer n’existe pas.

Le catholicisme

Sur base des Écritures et du raisonnement reflétant la Tradition catholique, le Catéchisme de l’Église catholique affirme l’existence de l’enfer et son éternité. Selon eux, Dieu est amour, le fait de le rejeter met dans une situation où l’amour n’existe pas, ce qui est la définition de l’enfer.

 

Les Adventistes du septième jour

Ne croient pas que les mauvais souffrent pour l’éternité dans l’enfer, mais enseigne que les morts sont inconscients et que l’âme humaine n’est pas immortelle. En acceptant la mort de Jésus-Christ, les individus sont reconnectés à Dieu et auront la vie éternelle. Ceux qui choisissent de ne pas être réconciliés avec Dieu, considéré comme la source de vie, ont choisi la mort par défaut.

 Les Témoins de Jéhovah

Rejettent l’idée d’un enfer de feu qui serait un lieu de souffrance éternelle après la mort. Pour eux, la Bible enseigne que les morts sont inconscients et que l’âme humaine n’est pas immortelle.

 Selon l’islam

L’Enfer, appelé Jahannam, a sept portes et est destiné principalement aux mécréants comme châtiment suprême.

 Le bouddhisme

Le maître bouddhiste zen Taisen Deshimaru a dit : « L’enfer ne se trouve pas dans un autre monde, il existe dans notre esprit.»

 L’hindouisme

Selon Jean Herbert, indianiste français, « enfers et paradis ne sont considérés dans l’Inde que comme des lieux de résidence temporaire où nous allons dans certains cas, recueillir la rétribution de nos bonnes et de nos mauvaises actions qui n’ont pas encore porté leurs fruits.

 Philosophie

Selon le philosophe Jean Paul Sartre, « « L’enfer c’est les autres » a été toujours mal compris. On a cru que je voulais dire par là que nos rapports avec les autres étaient toujours empoisonnés, que c’était toujours des rapports infernaux. Or, c’est tout autre chose que je veux dire. Je veux dire que si les rapports avec autrui sont tordus, viciés, alors l’autre ne peut être que l’enfer. Pourquoi ? Parce que les autres sont, au fond, ce qu’il y a de plus important en nous-mêmes, pour notre propre connaissance de nous-mêmes. Quand nous pensons sur nous, quand nous essayons de nous connaître, au fond nous usons des connaissances que les autres ont déjà sur nous, nous nous jugeons avec les moyens que les autres ont, nous ont donné, de nous juger. Quoi que je dise sur moi, toujours le jugement d’autrui entre dedans. Quoi que je sente de moi, le jugement d’autrui entre dedans. Ce qui veut dire que, si mes rapports sont mauvais, je me mets dans la totale dépendance d’autrui et alors, en effet, je suis en enfer. Et il existe une quantité de gens dans le monde qui sont en enfer parce qu’ils dépendent trop du jugement d’autrui. Mais cela ne veut nullement dire qu’on ne puisse avoir d’autres rapports avec les autres, ça marque simplement l’importance capitale de tous les autres pour chacun de nous »

Conclusion

Plus qu’un lieu, l’enfer indique la situation dans laquelle se trouve celui qui s’éloigne librement de Dieu aujourd’hui. La « damnation » ne doit pas être attribuée à l’initiative de Dieu, car dans son amour miséricordieux, il ne peut vouloir que le salut des êtres qu’il a créés. En réalité, c’est l’homme qui se ferme à son amour. La « damnation » consiste dans l’éloignement de Dieu librement choisi par l’homme. La pensée de l’enfer  ne doit pas créer de psychose ni d’angoisse. Elle représente un avertissement nécessaire à la liberté, au sein de l’annonce selon laquelle Jésus le Ressuscité a vaincu Satan, nous donnant l’Esprit de Dieu, qui nous fait invoquer « Abba, Père ».

 Esther Mélanie BOULINEAU