Edito

En communion avec…

Les splendeurs de « l’année liturgique » sont presque toutes groupées entre Passion (mort et résurrection du Christ) et Pentecôte (envoi du Saint-Esprit sur les disciples). Avant, et après, s’étire le « temps de l’Eglise » plus long et plus banal, (sauf l’Ascension) nécessaire pour cheminer, apprendre, comprendre, méditer, progresser… De façon un peu provocante, on pourrait dire que l’Ascension, dans le monde protestant, n’est une fête importante que parce que le jeudi férié et le pont qui suit permettent la réunion durant 4 jours du Synode National, organe de délibération et de décision de l’Eglise protestante unie ! Cependant, ce miracle d’un Jésus encore présent bientôt absent marque les disciples en profondeur. Après l’Ascension, que leur reste-t-il ? Que nous reste-t-il de celui qu’ils confessent, que nous confessons comme notre Seigneur ? Des traces de pas ? Une douleur dans le cou à force de regarder les nuées ?

Les grandes lignes des diverses religions tracent toutes sortes de chemins indiqués aux hommes pour s’approcher de leur(s) dieu(x). Les rituels sont innombrables, les formules, les gestes, les sentiments, infiniment variés, depuis toujours, et sous toutes les latitudes. Cependant, le christianisme a inventé un lien spécifique qui n’appartient qu’à lui, et qui vient unir ceux qui confessent Jésus-Christ :  la communion. Pas seulement le partage dominical du pain, du vin, et des paroles fondatrices de Jésus. Pas seulement des signes visibles destinés à la répétition, au rappel, à la mémoire.

Je veux parler de cette impression fugace, immatérielle, qui conduit nos pensées, notre cœur, à évoquer des visages, des voix, des gestes qui portent une présence et nous la restituent, intacte, vivante, pour une pensée, un partage, qui nous dépasse, celui d’une prière, d’un sourire, d’une larme, quels que soient celles et ceux qui nous viennent ainsi à l’esprit, et où qu’ils soient sur la terre.

De nos jours, les sollicitations ne manquent pas pour s’en remettre à des « réseaux sociaux » (?) pour avoir l’impression d’être entouré d’humains à qui parler, à qui penser, avec qui échanger, mais pour dire quoi ? Le Christ est passé bien avant tout cela, et sans machine, sans écran, sans courant, sans bruit, sans publicité, sans cotisation, il nous a laissé la communion en son nom, un cadeau qui fait du bien, un cadeau pour les proches et les lointains, pour tous les jours, dont tous les membres de son Eglise sont invités à user sans modération !

Cécile Souchon